Témoignage

Dans le métro

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(âmes sensibles s’abstenir) Vers la fin de mon année de sixième, un autre épisode presqu’aussi trépidant que le précédent m’arriva. Ayant finalement changé de collège pour aller à celui plus proche de chez moi, j’avais gardé le contact avec une de mes amies, V. dont la mère D. était alcoolique.

Mon père souhaitant s’établir à Genève, s’y était rendu avec ma mère et ma soeur, et les cours n’étant pas terminé, il demanda à D. de m’héberger quelques jours jusqu’à leur retour.

J’étais alors amenée à retourner chez moi dans le XIVème arrondissement dans le but de prendre des effets personnels. Le moyen le plus familier à mes yeux restait le métro. C’était une chaude après-midi de juin et lorsque la ville brûlait, au sous-sol se trouvait l’enfer… Je portais donc cette petite robe débardeur, légère et crème à hauteur des genoux. La période pré-pubère bien présente laissait apparaître de tout petits seins et je n’estimais donc pas toujours nécessaire de porter un soutien-gorge.

C’est fou comme un métro peut se remplir en quelques secondes! Je me trouvai coincée entre la barre et un monsieur à peine plus grand que moi. Pourtant, il avait de l’espace devant lui mais il resta devant moi, me tournant le dos. N’osant pas me dégager, je décidai de prendre mon mal en patience et retint alors mon souffle: je sentis une main effleurer mon pubis d’une telle douceur que j’eus presque le doute d’être touchée. Ce doute se dissipa lorsqu’il descendit de la rame de métro et qu’une masse d’espace libérée me fit prendre conscience de ce que je venais de vivre. L’air que je respirais était aussi vide que moi. Je ne possédais plus de sexe: c’était ma féminité naissante qui se trouvait castrée puisque j’avais été réduite à cette toute petite partie sensible mais soulevant tant de questions, apparemment, chez certains individus.

La confusion était telle que j’ignore si j’aurais émis plus d’opposition s’il m’avait touché la tête ou encore les cheveux. La dissociation entre moi et mon sexe était devenue si importante que mon pubis était devenu l’endroit le moins intime et le plus lointain comme s’il représentait la pêche à la baleine en Antarctique et que je ne connaissais que le coloriage et la pâte à modeler.

J’aurais préféré tirer une certaine satisfaction à être aussi désirable mais soyons, bien entendu, réalistes, ce désir n’était pas partagé. Je comprenais bien que ce comportement n’était pas de l’amour, plutôt une pulsion, me réduisant à l’état d’objet. Une partie de moi ne souhaita pas grandir. Devenir adulte semblait trop compliqué et j’avais bien trop peur d’attirer d’autres personnes de ce type ou encore de devenir l’une d’elle. Dès lors, un sentiment anxiogène m’habita durant de nombreuses années: serait-ce possible que je sois l’un des leurs? Inutile de vous exprimer, l’angoisse et le dégoût que cela peut produire envers vous-même, de se sentir inconnue à soi.

Ces épisodes m’ont amenée à un désir, maintes fois refoulé, de parler de ce genre d’actes. J’invite donc les personnes qui ont eu à subir ce type d’intrusion à en parler: si vous ne souhaitez pas vous livrer sur ce blog, laissez-vous guider intérieurement vers les personnes qui seront les plus à même de vous écouter et ainsi vous libérer de ce poids trop lourd pour votre coeur.

Sur cet espace, l’intention est de libérer la parole, de rétablir la vérité pour ainsi retrouver notre authentique estime de nous-même s’abîmant à travers les âges. Il est important de nous rappeler qu’enfant, notre estime et notre affirmation d’être un individu à part entière et digne de respect furent pures à l’origine.

La peur d’être jugé peut nous hanter mêlé souvent à un sentiment de culpabilité qui vient entraver notre joie de vivre originaire. Votre enfant intérieur, lui, sait ce qui est juste pour vous et ce qui ne l’est pas: la bienveillance est de mise et sera votre plus grande alliée, jour après jour, dans l’accueil et l’acceptation de vos blessures et ainsi mieux les transcender.

Je vous lirai, écouterai et répondrai du mieux que je peux et en pleine conscience, depuis la vibration d’empathie et d’Amour.

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